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Résidence-mission ARTU

Artiste rencontre territoire universitaire

La lauréate de cette édition, Tsama Do Paço, arpente le territoire universitaire de havier à mai 2024 afin de réaliser avec les membres de la communauté universitaitre, des gestes artistiques, transmettre et échanger des savoir-faire et écrire quelques récits communs.

Conçu en lien étroit avec les enseignant·e·s, personnels de l’université et les étudiant·e·s, et fortement imprégné de la démarche artistique propre à l’artiste-résident·e, le geste artistique peut prendre des formes différentes : selon les cas, participatif ou pas, spectaculaire ou modeste, jouant de l’effet de surprise ou au contraire très annoncé, etc.

Pour l'édition 2023-2024 la thématique du « Tiers paysage » a été choisie. Cette notion, développée par Gilles Clément au début du 21e siècle, entend les zones ou l'évolution du paysage a été abandonné à la nature. Cela peut être éphémère ou pérenne, jusqu'à un certain moment...  ce qui définira ces espace sera la notion d'attente.  Sur le territoire universitaire, cette notion se rapproche de celle d'espace liminal, de zones de transition, de frontière, évocatrices de perceptions variées. Les zones concernées sont étranges, voire abandonnées, et leur potentiel de transformation est énigmatique.

Ce dispositif de l'Université de Lille est en partenariat avec la Drac Hauts-de-France et porté par la Direction culture.

Actions à venir :

  • mardi 30 janvier inauguration expo BU Moulins + sélection bibliographique sur le tiers paysage et le végétal. Présentation des actions menées dans les mois à venir à Moulins . Finissage le 14 février avec la projection du documentaire the rights of nature 17h

  • jeudi 8 février : séminaire Géraldine Sfez (prof ciné spécialisée sur l’anthopocène) avec les étudiants en M2 Arts. Discussion puis sortie et atelier. Toute la journée. Pont-de-Bois.

  • Du 12 au 16 février : semaine Médium à l’ENSALP. Tsama Do Paço va se joindre notamment aux travaux menés par les étudiants en paysagisme sur les friches.

Le travail de Tsama do Paço part à la découverte du monde dont nous héritons, afin de cultiver des alliances avec lesquelles composter d’autres possibles, écrire d’autres mythes, réinventer des cosmogonies et transformer les représentations. Artiste et herboriste, arpenteuse tactile, marcheuse, cueilleuse, elle sème et récolte des histoires et des présences.

C’est par le contact avec les végétaux, le sens du toucher prolongé par l’empreinte et la recherche d’autres façons de penser et représenter le paysage qu’elle propose de s’inscrire dans le sillage d’une tendance actuelle qui cherche à reprendre collectivement contact avec le monde, à comprendre l'exigence de réciprocité de l'humain envers les autres existants de la planète.

Comme la respiration est liée à la photosynthèse, la consommation d'un fruit est liée à la reproduction d'un arbre ou d'une baie, ou encore le parfum, le pouvoir médicinal de certaines plantes peut être mis en relation avec l'utilisation par les plantes des composés chimiques pour se défendre, communiquer…

Par des jeux d’échelles, de lumières, de formes, de textures et de matières, les plantes se révèlent comme paysage. Il s'agit de nommer le paysage par ce qui le constitue, ce qui vient du monde, sans s'en extraire ni l’abstraire. Les caractéristiques de l’empreinte en font une investigation poétique du mystère du réel, support d'une pensée et d'une sensibilité renouvelée.

 

En tant que zone délaissée, les Tiers paysages échappent aux entreprises humaines de gestion et en cela s’ensauvagent. Pour l’artiste ils évoquent un autre paysage, une chimère entremêlant le domestique et le sauvage, en un "complexe-paysage" vivant, en devenir, l’œuvre elle-même, non  "finissable", car mouvante, en métamorphose et réinvention permanente, source-s d’oeuvres-traces, d’empreintes, d’images-instants. Les gestes artistiques de Tsama sont ceux d’un monde qui a changé, fait de vivants et non d’objets, dans lequel les sols et la zone critique des vivants nous permettent de penser notre manière d’habiter "avec", notamment les marges, les chutes produites par toute anthropisation. En ensemençant les lisières, son art nous rendra sensible à la beauté des paillis, aux laitues et navets montés en graines, aux compostages, aux plantes sauvages, adventices, messicoles, commensales et de friches, herbes folles et mauvaises, aux communautés-cortèges de plantes, aux histoires qu’elles racontent en tant que bio-indicatrice de l’état du sol, de leur chronologie de succession de pionnière à la forêt. Entremêlant les plantes sauvages à d’autres plus ou moins cultivées ou re-introduites, présentées comme mellifères, aromatiques, médicinales, comestibles, tinctoriales… Tsama do Paço invite à voir, à sentir, à gouter, à entendre, à toucher les plantes, présentent sous d’innombrables formes dans toutes les activités humaines.