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Messaline Raverdy

Agfaville

Du côté de sa mère, « toutes les filles ont travaillé chez Agfa-Gevaert », à l’usine de Pont-à-Marcq, dans le Nord de la France, aujourd’hui en cours de déconstruction. À partir d’un territoire d’archives intimes et publicitaires, Messaline Raverdy explore les fragments d’une histoire façonnée par l’industrie photographique, où circulent des clichés, des stéréotypes et des images produites par l’action de produits chimiques.

En dialogue avec les chimistes du Laboratoire de Spectroscopie pour les Interactions, la Réactivité et l’Environnement [https://lasire.cnrs.fr/] (LASIRE - UMR 8516), elle enquête sur la Marque, rivière polluée par les rejets d’Agfa, notamment les sels d’argent. En suivant le cours de cette rivière, elle met au jour les traces matérielles et symboliques de différentes formes de violence, révélant des structures toxiques de domination, d’extraction et d’exploitation.

Avec les théoricien·nes du Centre d’Étude des Arts Contemporains [https://ceac.univ-lille.fr/] (CEAC - ULR 3587), elle examine des archives marquées par le paternalisme, le patriarcat et le colonialisme, afin de faire émerger d’autres récits et d’autres perspectives sur cette histoire industrielle et familiale.

Cette recherche prend la forme d’une quête de sels d’argent, de boues, de lichens et d’autres éléments vivants. À la croisée des sciences, de l’écologie et de la création artistique, Messaline Raverdy interroge l’invisible, la mémoire des lieux et l’histoire de nos regards, dans la perspective d’une possible réparation.